Qu’est-ce que l’auto-hypnose ?

 

 

De plus en plus plébiscitée par les particuliers comme par les professionnels pour gérer sa présence émotionnelle, l’auto-hypnose n’est autre que la version solo de l’hypnose, traditionnellement pratiquée aux côtés d’un hypnothérapeute. À quel état mental correspond-elle ? Comment l’atteindre ? Quels sont ses bénéfices ? Dans quels cas est-elle contre-indiquée ? Autant de questions légitimes auxquelles vous trouverez tous les éclaircissements nécessaires dans cet article.

 

L’hypnose et l’auto-hypnose reposent sur un État Modifié de Conscience

Ce que l’on a coutume de désigner comme « transe hypnotique » correspond tout simplement à un état mental particulier, appelé État Modifié de Conscience (EMC) dans le jargon des sciences cognitives.

 

Les ondes électriques cérébrales déterminent votre état mental

Votre cerveau est composé de plus de 100 milliards de cellules nerveuses, plus connues sous le terme de « neurones ». Vos neurones, donc, communiquent en permanence et s’échangent des informations au moyen de signaux électriques : c’est l’influx nerveux. Cette activité électrique génère des ondes cérébrales, dont la fréquence est mesurable en hertz. Or, il se trouve que chaque gamme de fréquences correspond à des états de conscience bien particuliers : ce sont les fameux États Ordinaires de Conscience (EOC) et États Modifiés de Conscience (EMC). Ainsi, dans une journée type, sans vous en rendre compte et sans le vouloir, vous naviguez en permanence d’un état mental à un autre.

 

Les différentes ondes cérébrales

Examinons maintenant les différentes classes d’ondes électriques émises par le cerveau selon la situation à laquelle il est confronté.

• Les ondes bêta (jusqu’à 35 Hz) : ce sont les ondes les plus rapides. Elles correspondent à un état de conscience et d’attention « normal » vous permettant d’être intellectuellement disponible et réceptif. Ce sont celles que votre cerveau émet alors que vous lisez cet article (activité intellectuelle modérée). Elles font partie des EOC.

• Les ondes alpha (jusqu’à 12 Hz) : vous constaterez que la vitesse de propagation des ondes a sensiblement diminué par-rapport à la classe précédente. Elles correspondent à un état de calme général, sans grosse sollicitation intellectuelle. Ce second palier de fréquences s’atteint généralement en fermant simplement les yeux. Lorsque vous émettez des ondes alpha, vous entrez en EMC.

• Les ondes thêta (jusqu’à 7 Hz) : on descend au troisième palier, les ondes cérébrales continuent de ralentir. Les ondes thêta sont caractéristiques d’un état de relaxation plus profond que précédemment et correspondent au sommeil paradoxal (et au rêve, donc).

• Les ondes delta (jusqu’à 4 Hz) : ce sont les ondes les plus lentes. Elles sont émises lorsque vous vous trouvez en situation de sommeil profond.

 

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Ondes apha (EMC) = hypnose

Le rythme électrique de votre cerveau oscille en permanence entre ces quatre types d’ondes. La culture occidentale a tendance à considérer les ondes bêta comme normales et quotidiennes, caractéristiques d’un état de veille ouvert à la rationalité, à l’analyse et la logique. Pour entrer en transe hypnotique, il faut en revanche parvenir à basculer dans cet état mental particulier, à mi- chemin entre la veille et le sommeil, propre aux ondes alpha.

Le rôle de l’hypnothérapeute est justement de vous guider vers cet EMC au moyen de diverses astuces (utilisation d’un pendule, par exemple, bien que cette technique demeure quelque peu surannée) : on parle d’induction hypnotique. C’est lorsque l’on parvient à atteindre l’EMC par sa propre volonté, sans aucune aide extérieure, que l’on parle d’auto-hypnose.

 

Vous pratiquez déjà l’auto-hypnose

Vous serez sans doute surpris d’apprendre que vous avez déjà été maintes et maintes fois sujet à des expériences d’auto-hypnose au cours de votre vie… sans que vous ne vous en rendiez compte ou que vous n’appeliez ça « auto-hypnose » ! C’est ce qu’il se passe lorsque vous vous déconnectez temporairement de votre environnement pour entrer dans un état d’hypervigilance face au flux de vos pensées et aux remous de votre vie intérieure. Une indice caractéristique de l’EMC : vous perdez toute notion de temps et d’espace. Vous demeurez bien là où vous êtes, mais sans avoir conscience de l’être.

Un exemple ? Vous êtes au volant de votre voiture, sur autoroute. Vous êtes seul dans l’habitacle. Le réseau est peu fréquenté, aucun danger à l’horizon. Pendant plusieurs kilomètres, vous maintenez une allure stable, sur la même voie, sans avoir à appuyer sur la pédale de frein ou à envisager un dépassement. Le ronronnement régulier du moteur vous berce. Toutes les conditions sont réunies pour que votre attention se relâche progressivement. Tant et si bien que vous commencez
inconsciemment à vous déconnecter de votre environnement et à voir la route sans la voir. Vous vous laissez absorber par vos pensées, vos ressentis. Vous vous laissez aller, vous vous concentrez sur vous plutôt que sur la route. Puis, soudainement, le sursaut de lucidité : oups, une absence ! D’aucuns appelleront cela « rêvasser » ou « être dans la lune »… pendant un très court instant, vous avez tout simplement glissé dans un EMC. En somme, vous vous êtes auto-hypnotisé !

 

Les bénéfices de l’hypnose et de l’auto-hypnose

Passer d’une gamme d’ondes cérébrales à une autre modifie votre perception des choses. Toucher directement à la partie inconsciente de votre esprit vous autorise à prétendre à bon nombre de bénéfices, tant sur le plan psychique que physique.

 

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Les effets de l’EMC

« Atteindre la fréquence des ondes alpha, c’est bien… mais concrètement, qu’est-ce que ça va m’apporter ? ». L’intérêt réside dans le mode de fonctionnement des deux hémisphères de votre cerveau. Comme nous l’avons vu, lors de vos tâches quotidiennes, votre encéphale émet des ondes bêta ; celles-ci sont marquées par la prédominance de l’hémisphère gauche, celui des compétences analytiques, logiques et rationnelles (tandis que l’hémisphère droit est propre à l’intuition, à l’instinct, aux émotions).

En revanche, lorsque vous basculez dans une fréquence d’ondes cérébrales inférieures (en l’occurrence, dans les ondes alpha), vos hémisphères droit et gauche fonctionnent en parfaite symbiose, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Ce fonctionnement harmonieux des deux hémisphères induit en certain équilibre : analyse et intuition sont sollicitées à parts égales. De fait, votre perception des choses est beaucoup plus globale, plus étendue.

 

De l’utilité de l’hypnose

La fréquence des ondes alpha vous permet d’atteindre un état de relaxation profond et de dépasser un fonctionnement mental purement basé sur la logique. Vous vous ouvrez à votre monde intérieur, à une autre réalité, à tout ce qui agite votre psyché, et êtes plus à même d’émettre des raisonnements équilibrés dans la mesure où vous sollicitez à la fois intuition et analyse. La partie consciente de votre esprit est temporairement « endormie ». En parallèle, vous êtes bien plus réceptif aux remous de votre inconscient. C’est justement là que réside tout le bien-fondé thérapeutique de l’hypnose et de l’auto-hypnose. Cette plongée intérieure induite par l’atteinte de l’EMC vous permet de percevoir des éléments de votre psyché traditionnellement filtrés par votre censure et par votre conscience. Une expérience particulièrement porteuse pour repérer des traumatismes, des obsessions, des pensées lancinantes, des souvenirs parasites et autres éléments susceptibles
d’interférer avec votre bien-être psychique. Nombreuses sont les personnes à recourir à l’hypnothérapie pour identifier l’origine d’un mal-être profond (dépression) ou se défaire de leurs addictions (drogue, tabac, boulimie, etc.).
Mais les bénéfices de l’hypnose / auto-hypnose ne s’arrêtent pas là. Ce lien direct noué avec l’inconscient le temps de la transe hypnotique permet de défaire certaines perceptions nocives et d’interférer directement avec les ressentis physiques. En effet, l’état de relaxation dans lequel plongent les individus (auto-)hypnotisés augmente la production d’endorphines. C’est sur ce constat que l’hypnose médicale a récemment fait son entrée dans les hôpitaux pour aider les patients à se
dissocier de leurs émotions et à se distancier des douleurs ressenties. Elle gagne pareillement en popularité dans les maternités, pour soutenir les femmes enceintes dans leur accouchement : on parle d’ailleurs d’hypnonaissance… mais on devrait plutôt parler d’auto-hypnose, puisque les femmes en couches ont préalablement été entraînées à la pratiquer seules ! Elle diminue la durée du travail, augmente la dilatation du col de l’utérus et limite considérablement la consommation d’analgésiques, s’affichant comme substitut « naturel » à la redoutée péridurale.

 

L’auto-hypnose : tout ça, chez soi

L’auto-hypnose présente bien entendu exactement le même fonctionnement et les mêmes bénéfices que l’hypnose. La seule différence tient au fait que l’auto-hypnose se pratique seul, sans aide extérieure. Il est néanmoins conseillé de vous initier à l’hypnose en suivant quelques séances avec un hypnothérapeute. Par la suite, vous serez plus à même de saisir intuitivement le processus d’entrée en transe hypnotique et de le reproduire par vos propres moyens.

L’auto-hypnose présente par conséquent un avantage supplémentaire par rapport à l’hypnose traditionnelle : vous pouvez la pratiquer en solo, au moment précis où vous en ressentez le besoin, sans avoir besoin de reporter votre expérience en prenant (et payant) un rendez-vous avec votre hypnothérapeute. L’auto-hypnose est idéale pour répondre à vos besoins immédiats et vous soutenir au quotidien. Si vous avez préalablement suivi une hypnothérapie, elle permettra d’ancrer
durablement les bénéfices retirés des séances.

 

Quels sont les risques de l’hypnose et de l’auto-hypnose ?

L’hypnose et, par extension, l’auto-hypnose, souffrent d’un certain nombre d’idées reçues, imputables pour la plupart aux émissions de divertissement largement relayées sur nos écrans de télévision. Il est essentiel de saisir d’emblée la distinction entre l’hypnose pratiquée à des fins thérapeutiques et l’hypnose de spectacle, qui ne partagent qu’une quantité infime d’affinités, et de se défaire des amalgames attenants.

 

Idées reçues

Vous ne pourrez jamais vous faire hypnotiser contre votre volonté. L’induction hypnotique ne fonctionnera que si vous y êtes consentant : vous seul décidez de vous laisser hypnotiser. C’est pour cette raison que, lorsque des parents confient leur enfant à un hypnothérapeute, il est essentiel d’expliquer au jeune patient, souvent impressionné et récalcitrant, que la démarche est uniquement dévolue à l’aider. Certains individus ne parviennent d’ailleurs pas à se faire hypnotiser lors des premières séances, tout simplement parce qu’ils se refusent à lâcher prise et à se défaire d’une méfiance instinctive. L’auto-hypnose sera donc d’autant plus facile à pratiquer pour ces personnes qui se sentent plus à l’aise face à elles-mêmes, sans intervenant extérieur. Rappelons qu’il s’agit d’un état NA-TU-REL !

Dans le même ordre d’idée, lors de votre transe hypnotique, personne ne pourra vous contraindre à faire des choses auxquelles vous vous refuseriez dans un état de conscience « normal ». Même si l’attention de votre conscience est temporairement altérée par l’hypnose, vous demeurez en pleine possession de vos croyances et de vos valeurs morales, toujours actives dans la sphère inconsciente. Vous êtes totalement conscient de ce que votre thérapeute vous demande de faire, raison pour laquelle vous vous souviendrez d’absolument toute la séance après votre « réveil ». Les cas de micro-amnésie demeurent très isolés, et sont envisageables uniquement si votre inconscient cherche à se protéger d’un éventuel traumatisme.

 

Contre-indications et impossibilités

Si la pratique de l’hypnose et de l’auto-hypnose ne présente absolument aucun danger, une maigre contre-indication demeure et est malgré tout à prendre en compte avant de vous lancer dans une expérience un peu plus intensive que vos « décrochages » naturels quotidiens.

En effet, la transe hypnotique est incompatible avec les individus présentant un profil psychotique. Sa pratique n’est pas déconseillée, mais tout simplement techniquement impossible, puisque l’individu sujet à une phase de délire est totalement déconnecté de son environnement extérieur. Il en va de même pour les personnes sujettes aux troubles psychiatriques et dissociatifs, que l’hypnose ou l’auto-hypnose viendraient aggraver (risque de décompensation).

 

Comment pratiquer l’auto-hypnose ?

S’initier à l’auto-hypnose

L’auto-hypnose est accessible à tout un chacun, pour peu qu’il soit animé de la volonté suffisante ! Il existe bien entendu un certain nombre d’ouvrages sur la question, qui vous permettront de l’appréhender avec les armes théoriques nécessaires. Néanmoins, la pratique est infiniment plus formatrice. Ainsi, la meilleure façon de vous initier à l’auto-hypnose est de la vivre d’emblée à la première personne, avec l’appui d’un professionnel aguerri. Prenez rendez-vous avec un hypnothérapeute et
exposez-lui votre projet. Les quelques séances suivies à ses côtés vous permettront de comprendre votre fonctionnement, les injonctions qui fonctionnent ou non sur votre mental, de reconnaître les ressentis caractéristiques de l’EMC… mais auront aussi l’avantage de vous rassurer si vous en éprouvez le besoin. Vous pouvez également envisager de suivre une formation pour votre intérêt personnel. Notre organisme propose notamment une formation en hypnose destinée aux professionnels ou aux particuliers en reconversion, désireux de se tourner vers l’hypnothérapie.

 

Étendre sa pratique au quotidien

Une fois initié, libre à vous de vous adonner à quelques séances improvisées d’auto-hypnose lorsque vous en ressentez le besoin. Plus vous pratiquerez, plus vite vous atteindrez l’état mental recherché. À terme, vos séances deviendront une bulle de ressourcement dans votre quotidien, et vous aurez tôt fait d’en ressentir les bénéfices sur votre état général. Choisissez de préférence un endroit calme et familier, où vous vous sentez à l’aise. Installez-vous confortablement, à même le sol en tailleur ou tout simplement dans un fauteuil. Ôtez tout ce qui est susceptible de vous gêner (ceinture trop serrée, chaussures étroites, bijoux trop lourds, coiffure tirée, etc.). Fermez les yeux, laissez-vous aller et déconnectez-vous progressivement de ce qui vous entoure, en vous remémorant ce que vous avez appris lors de votre phase de formation. Si vous éprouvez le besoin d’être guidé lors de vos premières fois en solo, vous trouverez sur le web quelques vidéos ou bandes son prévues à cet effet. Elles reproduiront les injonctions de l’hypnothérapeute et vous aideront à entrer plus facilement en auto-hypnose. Par la suite, avec un peu de pratique, vous devriez être en mesure de vous en détacher complètement pour ne compter que sur la seule force de votre esprit. Voilà une belle récompense !

 

 

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