L’hypnose en chirurgie : quelles opérations sont concernées ?

 

 

Longtemps considérée comme une science occulte, l’hypnose a fini par se débarrasser des idées reçues qui lui sont associées pour se faire une place dans le milieu médical. En effet, ces dernières années, l’hypnose est utilisée comme une alternative à l’anesthésie générale dans plusieurs hôpitaux en France et en Europe. D’après des chercheurs français, l’hypnose serait aussi efficace qu’une anesthésie générale conventionnelle pour empêcher la douleur, tout en étant très confortable pour le patient. Utilisée lors de diverses interventions, notamment en chirurgie mammaire, l’hypnose permet également d’éviter les effets secondaires indésirables d’une anesthésie conventionnelle. Découvrons les bienfaits de cette pratique ancestrale en chirurgie, et ses différentes applications.

Quels sont les bienfaits de l’hypnose en chirurgie ?

Contrairement aux idées reçues, l’état d’hypnose ne s’apparente en rien à du sommeil. Ainsi, le patient sous hypnose ne dort pas. Il est plongé dans un état de relaxation profonde, que l’on appelle état de conscience modifié. C’est un état tout à fait naturel pour l’Homme, qui ne présente aucun danger, dans lequel nous sommes plongés chaque jour sans même nous en rendre compte.

Le principal avantage de cette méthode en chirurgie est qu’elle permet une meilleure récupération post-opératoire, plus rapide, sans risque d’effets secondaires ou d’éventuelles complications liées à l’anesthésie générale. En plus de suites opératoires plus favorables, le vécu et le ressentit du patient lors de l’intervention s’avèrent positifs. Le patient n’est plus passif, car avec l’hypnose il devient acteur de sa propre opération, en restant focalisé sur son inconscient pour que la méthode soit efficace. Ses capacités sont démultipliées, et parfois, le patient se découvre des compétences insoupçonnées sous hypnose. Tous ces facteurs permettent d’améliorer l’expérience de patient dans sa globalité : pendant l’intervention, mais également après, en récupérant plus rapidement.

Pour le chirurgien, l’hypnose du patient est également accueillie avec facilité et de façon confortable. Dans les très rares cas où le patient ressentirait un quelconque inconfort, l’anesthésie générale est très rapidement et facilement administrée. Pour les chercheurs ayant étudié de près le recours à l’hypnose dans le cadre d’une chirurgie, il ne fait aucun doute que cette pratique peut être utilisée comme alternative efficace à l’anesthésie générale, pour réaliser plusieurs types d’interventions. En réduisant les effets de l’anesthésie, cette méthode est particulièrement conseillée pour les patients fragiles et vulnérables. La Belgique est un pays pionnier en matière d’hypnose pratiquée lors des opérations chirurgicales, mais cette technique tend à se rependre dans le reste de l’Europe.

Dans quels cas est-elle utilisée ?

Même si elle montre de bons résultats sur certains types d’interventions, l’hypnose ne convient pas aux chirurgies en profondeur, comme la chirurgie abdominale ou thoracique, ou encore la mise en place de prothèses, par exemple. Cependant, l’hypnose sera efficace pour toutes les interventions pouvant être réalisées sous anesthésie locale. Ainsi, l’hypnose peut être utilisée comme alternative à l’anesthésie générale dans le cadre d’opérations du cancer du sein, y compris pour des mastectomies partielles et totales, ou encore en chirurgie ORL, par exemple lors d’une ablation de la thyroïde.

 

Comment se déroule une opération chirurgicale sous hypnose ?

Bien que certaines opérations soient réalisées sous hypnose, cela ne veut pas dire que l’opération est effectuée à vif. En effet, l’hypnose est combinée à une anesthésie locale, et éventuellement à une légère sédation intraveineuse, afin que le patient soit parfaitement détendu, sans pour autant être endormi. Cette technique est appelée hypnosédation. Durant l’opération, le patient fait l’objet d’une surveillance attentive, comme pour une anesthésie générale. En cas de complication, il peut être endormi à tout moment.

Avant l’opération, l’anesthésiste rencontre le patient une fois, tout comme lors d’une intervention classique. Il explique alors au patient en quoi consiste une opération en hypnosédation de manière précise, afin de s’assurer de sa motivation. Ensuite, il lui demande de définir un endroit qui lui est agréable, afin de l’utiliser pendant l’hypnose. De la même manière, le patient est amené à préciser si certaines choses le rebutent ou lui font peur, afin de ne pas les mentionner. Lors de ce rendez-vous en amont, le praticien va également définir quel est le canal sensoriel préférentiel du patient, c’est-à-dire la vue ou l’audition. Cette méthode requiert que l’anesthésiste soit présent tout au long de l’opération, de manière active, car lui et le patient sont comme en résonance.

Ainsi, le recours à l’hypnose en chirurgie est une application de plus qui vient s’ajouter à la liste des nombreuses applications de cette pratique ancestrale. Petit à petit, l’hypnose fait sa place en milieu hospitalier, et au vu des bons résultats qu’elle offre et de ses bienfaits pour les patients et les soignants ayant reçu une formation en hypnose, son utilisation ne cesse de se développer et de se démocratiser.