Qu’est-ce que l’induction hypnotique ?

 

Si vous envisagez de vous familiariser avec le jargon de l’hypnose, l’expression « induction hypnotique » est sans conteste l’une des premières sur lesquelles vous devriez vous pencher. Le verbe « induire » est issu du latin inducere, qui signifie « conduire dans » (in + ducere). L’induction hypnotique constitue donc une étape vers l’hypnose. Plus précisément, il s’agit d’une pratique permettant de préparer le terrain, puis de déclencher l’état purement hypnotique chez le sujet. Elle s’envisage comme un sas entre l’Etat Ordinaire de Conscience (EOC) et l’Etat Modifié de Conscience (EMC), dans lequel l’hypnothérapeute conduit son client en usant de diverses techniques. Comment agit-elle sur le cerveau humain ? Comment la provoquer ? Découvrez tout ce que vous souhaitez savoir sur l’induction hypnotique dans cet article.

 

Comprendre l’Etat Modifié de Conscience (EMC)

L’induction hypnotique tend à favoriser l’entrée dans l’EMC. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

 

Le fonctionnement du cerveau

Votre cerveau est peuplé d’une infinité de neurones. Ces cellules participent à la propagation de l’influx nerveux et véhiculent diverses informations sous forme d’activité électrique.

L’intensité de cette activité électrique détermine le type d’ondes cérébrales émises par votre encéphale ainsi que, par extension, l’état mental dans lequel vous vous trouvez à un instant t. On en recense quatre types, dont la fréquence se mesure en Hertz (Hz) :

– Les ondes bêta (max. 35 Hz) : elles correspondent à un niveau d’attention normal et d’éveil intellectuel, raison pour laquelle on considère qu’elles s’apparentent à un Etat Ordinaire de Conscience (EOC). Ce sont, par exemple, les ondes que votre cerveau émet lorsque vous travaillez.
– Les ondes alpha (max. 12Hz) : elles correspondent à un état de détente général. Il suffit généralement de fermer les yeux pour atteindre cette classe d’ondes. Elles coïncident avec le fameux EMC recherché en hypnose.
– Les ondes thêta (max. 7Hz) : ce sont les ondes du sommeil paradoxal (rêve).
– Les ondes delta (max. 4Hz) : elles sont émises en phase de sommeil profond.

 

Les liens entre EMC et hypnose

L’EMC est donc un état tout à fait naturel. En réalité, au cours d’une journée, votre cerveau ne cesse d’osciller entre EOC et EMC. Mais l’entrée dans cet état particulier peut également être délibérément provoquée. C’est le principe même de l’hypnose. L’intérêt de l’EMC est qu’il induit un fonctionnement équilibré des hémisphères droit et gauche du cerveau, là où l’EOC sollicite davantage l’hémisphère gauche (logique, rationalité, analyse). Ce nouveau paradigme permet au sujet de s’ouvrir à une forme de perception des choses bien plus globale, mobilisant à la fois ses émotions, ses intuitions (hémisphère droit) et sa capacité d’analyse (hémisphère gauche).

Si la pratique hypnotique passe par une diminution de la fréquence des ondes cérébrales, c’est justement pour faciliter cette plongée introspective dans la partie inconsciente du sujet. Ainsi, lorsque vous vous rendez chez votre hypnothérapeute, celui-ci doit préalablement conditionner votre mental pour le rendre disponible à l’hypnose. Le déclenchement « forcé » de la transe passera dès lors par une induction, destinée à aider le sujet à diminuer la fréquence de ses ondes cérébrales jusqu’à atteindre le fameux EMC.

 

Provoquer l’induction hypnotique

Le principe de l’induction

L’induction se présente comme un préalable indispensable à la réalisation de l’hypnose en elle-même. Lors d’une consultation dans un cabinet d’hypnothérapie, il s’agit bien souvent de la seconde étape du parcours, la première étant un échange oral entre le praticien et son client.

Considérez que l’état hypnotique est une porte qui se dresse devant vous : l’induction, elle, est la main qui actionne la poignée et vous permet de passer de l’autre côté du seuil. Son rôle est de canaliser votre vigilance et de vous inciter au lâcher-prise pour faciliter votre glissement vers l’EMC.

 

Les techniques d’induction

L’objectif de l’induction est de capter l’attention de l’individu pour provoquer un état de dissociation : le sujet doit demeurer présent à lui-même et à son environnement, mais d’une façon plus distanciée. Pour ce faire, l’hypnothérapeute recourt à divers stratagèmes. Tous sont basés sur la stimulation exclusive de l’un ou l’autre des canaux sensoriels du sujet : la Vue, l’Audition, le Kinesthésique, l’Odorat et le Goût (d’où l’acronyme VAKOG). Tout individu privilégie toujours inconsciemment l’un de ces cinq canaux pour acquérir et traiter les informations de son environnement (on l’appelle d’ailleurs « canal préférentiel »). Le praticien est donc appelé à effectuer un bref test (échelle Vakog) pour déterminer le canal sensoriel privilégié par son client et adapter sa méthode d’induction en conséquence.

Ainsi, dans le cas d’un sujet supposé « visuel » (c’est-à-dire que la Vue est son canal sensoriel dominant), l’hypnothérapeute fondera la phase d’induction hypnotique sur des sollicitations visuelles. L’image d’Epinal du praticien agitant son pendule sous le nez de son client prend ici tout son sens ! En focalisant son attention exclusivement sur les mouvements du pendule, le sujet est plus à même de s’abandonner aux autres stimuli et à lâcher prise. Autre exemple : dans le cas d’un individu « auditif », les modulations maîtrisées de la voix de son hypnothérapeute ainsi que ses suggestions seront suffisantes pour le bercer et mener l’induction hypnotique à terme (pensez également à la technique de l’ASMR, très en vogue sur les plateformes de vidéos ces dernières années : elle se base sur une palette de sons pour favoriser un état de relaxation, voire mener à l’endormissement).

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